Une dynamique en marche ! Dans l’attente du 18 juin

08/05/2017

#Election #Europe

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Le résultat du second tour de l’élection présidentielle est sans appel : c’est la victoire d’un jeune candidat, plein d’audace, face au rejet des partis politiques dominants. Mais si le risque politique européen est derrière nous, le risque politique français ne se dissipera qu’à l’issue du second tour des législatives, soit dans 40 jours. C’est là et seulement là que la capacité réelle à gouverner et à mettre en place de profonds changements sera dévoilée. A ce stade, la réalité politique française reste incertaine.

LES GRANDS MESSAGES DE L’ELECTION PRESIDENTIELLE

L’analyse du scrutin révèle quelques grandes tendances :

  • En pourcentages exprimés, Emmanuel Macron remporte haut la main l’élection avec 66,06% des suffrages contre 33,94% pour Marine Le Pen : en l’absence de front républicain comparable à 2002, le report des voix a néanmoins fonctionné,
  • Toutefois, face à cette belle victoire, deux éléments nuancent ces résultats : un taux d’abstentions au plus haut (25,38%) et un record des votes blancs et nuls, respectivement de 6,34% et 2,24% des inscrits. E. Macron est donc élu avec 20,7 millions de voix soit 43,63% des inscrits contre respectivement 10,6 millions et 22,4% pour sa rivale.

Ces quelques chiffres montrent la difficulté à prévoir les résultats des élections législatives mais permettent de tirer quelques conclusions.

D’abord politiques :

  • Il ne faut rien exclure : E. Macron, en moins d’un an, est arrivé aux plus hautes fonctions de l’Etat. Avec 8,6 millions de voix au 1er tour, il lui faut désormais construire une majorité présidentielle pour imposer ses réformes.
  • Le FN a continué sa percée dans le paysage politique français : avec 7,6 millions de voix au 1er tour, il devance la droite républicaine (7,2 millions).
  • Enfin, l’effondrement du PS (2,2 millions) et l’ascension de la France Insoumise (7 millions) laissent envisager le passage du bipartisme au quadripartisme à l’issue du 18 juin.

Ainsi, à l’image d’autres pays européens, la coalition de partis deviendrait une règle de gouvernement en France.

Ensuite économiques :

  • L’attachement au projet européen est désormais ancré dans l’ADN d’une fraction importante de la population.
  • Le reflet de la fracture sociale se dessine à travers la carte des votes : le référendum sur le Brexit, puis les élections américaines et françaises doivent inciter à repenser la mondialisation. Les grands freins à la croissance (inégalités, vieillissement démographique, endettement) et les grands enjeux de l’avenir (transition écologique, révolution numérique) n’ont pratiquement pas été abordés durant cette longue campagne. Or, si un message central ressort aujourd’hui de toutes les élections, c’est bien celui de mieux partager les fruits de la croissance et de réduire les inégalités.

 

QUE FAUDRA-T-IL SURVEILLER AU COURS DES 40 PROCHAINS JOURS ?

  • La présentation des 577 candidats d’En marche ! aux prochaines législatives,
  • La nomination du Premier ministre et la composition de son gouvernement à partir du 14 mai, cruciale pour la conduite des législatives,
  • Les premières applications des grandes lignes du programme du Président (marché du travail, fiscalité, éducation, sécurité, relations avec l’UE,…) et leur degré d’acceptation dans la société civile,

En clair, les fameux 100 jours ne débuteront qu’au lendemain du 18 juin !

Notre scénario central de reprise de la croissance mondiale est pleinement maintenu avec une balance des risques qui pourrait devenir positive

Au-delà des défis qui pèsent sur l’environnement structurel (croissances durablement basses, endettements publics et privés élevés), les perspectives de croissance sont  positives.

Mais la hiérarchie des risques est probablement en train d’évoluer :

  • avec le résultat de ces élections, l’aléa politique européen se dissipe. Une  » vraie  » relance du projet européen est même envisageable, ce qui contribuerait à amplifier les effets multiplicateurs positifs du commerce mondial ;
  • le risque protectionniste, notamment en provenance des États-Unis, a également ponctuellement diminué ;
  • sans doute que le principal risque est désormais plutôt du côté de l’instabilité financière. D’ailleurs, les autorités de plusieurs pays (Australie, Chine) l’ont récemment reconnu et une poursuite des resserrements des conditions financières dans les économies les plus avancées dans le cycle doit être envisagée, singulièrement les États-Unis.

 

IMPACTS SUR LES MARCHES ET STRATÉGIES DE GESTION

La victoire d’Emmanuel Macron, à l’issue du 2d tour des élections présidentielles françaises, n’est pas une surprise pour les marchés financiers. Ces derniers ont, depuis la veille du 1er tour, largement intégré la victoire du candidat  » d’En Marche « , les craintes quant à l’accession d’un parti populiste à la tête de l’Etat français et de sortie de la France de la zone euro s’étant déjà dissipées.

Les  marchés actions ont ainsi progressé entre 7 et 8% en Europe dans l’entre-deux tours, le spread France-Allemagne sur la dette d’Etat s’est lui resserré de 25 bp, retrouvant des niveaux de fin 2016 et l’euro-dollar s’est apprécié pour atteindre 1,10 au plus haut, le 5 mai.

A l’ouverture, ce 8 mai, les marchés européens sont calmes, peu de mouvements, peu de volumes. Quelques prises de profit semblent à l’œuvre.

Nous attendons, à présent,  une modération de l’impulsion qu’ont connue les marchés ces deux dernières semaines, voire une certaine respiration au vue des performances engrangées. Nous n’anticipons pas de retournement de tendance, les fondamentaux demeurent bien orientés, les publications de résultats des entreprises favorables. Nous maintenons notre scénario central positif pour les actifs risqués.

Dans ce contexte, nous conservons notre préférence pour les actions vs les actifs taux au sein de nos portefeuilles. Sur les taux, nous restons en sous-exposition sur les dettes souveraines, leur préférant toujours les dettes privées.  Nous procédons néanmoins à quelques ajustements tactiques compte tenu des très fortes performances de ces derniers jours sur certains segments de marchés.

Télécharger le flash marchés du 8 mai 2017

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