Etats-Unis : le consommateur américain est très vulnérable à un retournement sur les marchés actions

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Par Christophe Morel, Chef Economiste et Audrey Cohen, Ingénieur Financier chez Groupama AM.

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[Christophe Morel, Chef Economiste]
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[Audrey Cohen, Ingénieur Financier]
 

A 3,2% en janvier, le taux d’épargne des ménages américains reste proche de ses plus bas historiques (cf. graphique 1). Sachant que l’épargne est le pendant de la consommation, un taux d’épargne très faible traduit une consommation très élevée. Ce déséquilibre domestique a pour corollaire un déséquilibre externe : la forte consommation (et donc la faible épargne) soutient les importations provoquant ainsi une détérioration de la balance commerciale ; il y a donc une relation d’équilibre positive entre le taux d’épargne et la balance courante, que nous confirmons empiriquement (cf. graphique 2).

Graphique 2

 

Mais comment justifier fondamentalement cette faiblesse de l’épargne aux États-Unis ? Trois arguments peuvent expliquer la « fonction d’épargne » : la sécurité de l’emploi (via la variable de taux de chômage), la confiance des ménages et l’effet-richesse. Notre modélisation économétrique montre que ces 3 variables combinées (taux de chômage, confiance des ménages et richesse nominale rapportée au PIB) pourraient même justifier un taux d’épargne à 2%. Surtout, il apparaît que c’est la variable de richesse nominale rapportée au PIB qui explique quasi-exclusivement la baisse du taux d’épargne (cf. graphique 3). Dit autrement, c’est bien la hausse des prix de l’immobilier et des actions qui a conduit à un taux d’épargne aussi bas aux États-Unis (les actions ont contribué pour environ 2/3 à la hausse de la revalorisation patrimoniale des ménages américains depuis 2009). D’ailleurs, les publications mensuelles des ventes au détail aux États-Unis sont globalement très corrélées avec les évolutions boursières (cf. graphique 4).

 

Graphique 3

Graphique 4

Cette analyse nous conduit à formuler 3 conclusions :

  1. la hausse passée des actions a comprimé le taux d’épargne aux États-Unis, détérioré la balance commerciale et accentue ce faisant, indirectement, le risque de « guerre commerciale » ;
  2. si le taux d’épargne est très sensible à la valorisation patrimoniale des ménages, cela signifie aussi que le consommateur américain est très vulnérable à une baisse des actions. Nos calculs montrent par exemple qu’une baisse de 20% des actions à partir du niveau d’aujourd’hui provoquerait une hausse du taux d’épargne de 2% et un ajustement à la baisse de la croissance américaine autour de 1% ;
  3. une baisse marquée des actions rendrait la Fed évidemment très « nerveuse ». Face à un resserrement des conditions financières, on ne doit pas douter que la Fed évoquerait le risque « croissance », quelle que soit la raison de la correction boursière, même si elle devait être provoquée par le risque « inflation ».

 

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