États-Unis : l’évolution cyclique des salaires et des prix ne peut avoir totalement disparu

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Par Christophe Morel, Chef Economiste

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[Christophe Morel, Chef Economiste]
Aux États-Unis, la décélération de l’inflation sous-jacente entre le printemps et l’été (de 2.3% à 1.7%) avait constitué une source d’inquiétude. Le dernier chiffre d’inflation pour le mois d’octobre est rassurant à plusieurs égards : d’une part, il confirme une dynamique beaucoup plus favorable depuis le milieu de l’été (cf. graphique 1) ; d’autre part, cette amélioration est robuste puisque les prix ont augmenté le mois dernier dans 80% des postes de consommation permettant à l’inflation sous-jacente de revenir à 1.8% en glissement annuel (en revanche, la baisse des prix se poursuit pour les voitures neuves).

La publication de ce chiffre d’inflation nous permet de défendre un point structurant de notre scénario économique et de nos perspectives d’inflation en général : même dans le « new normal » (à savoir un régime d’endettement élevé, de croissance basse et de taux d’intérêt faible), le cycle économique (avec reprise de la production industrielle et reconstitution des stocks) existe toujours ; dès lors, l’évolution cyclique des salaires et des prix ne peut avoir totalement disparu.

En envisageant des perspectives d’inflation pratiquement « plates » sur les prochaines années, le Consensus nous semble trop prudent. A tout le moins, le risque nous semble asymétrique à la hausse sur les chiffres d’inflation. Sans envisager pour l’avenir le retour d’une forte inflation sur les biens et services, nous anticipons toutefois quelques dixièmes de hausse supplémentaire dans les statistiques d’inflation sous-jacente des pays développés :

  •  d’abord, il convient d’être toujours prudent avec l’argument « cette fois, c’est différent » (« this time is different« ) sous-jacent à la thèse d’une reprise cyclique sans hausse de l’inflation sous-jacente. Le graphique 2 montre que le lien entre le cycle des volumes (le climat des affaires) et le cycle des prix (la dynamique de l’inflation sous-jacente) a été invariant dans les périodes d’ajustement comme dans les périodes de reprise ;
  • ensuite, si la progression salariale dans ce cycle de reprise a été jusqu’à présent limitée, c’est parce qu’elle a été contrainte par la hausse de la précarité sur les marchés du travail. L’évolution des salaires est parfaitement reliée au ratio rapportant les emplois à temps plein avec les emplois à temps partiels. La lente reprise des salaires jusqu’à présent est donc liée à des créations d’emploi anormalement pauvres en emploi à temps pleins (graphique 3). Dit autrement, la courbe de Phillips (qui relie le taux de chômage aux salaires) est sans doute plus « plate » qu’avant (cf. graphique 4). Cependant, il convient de ne pas totalement  l' » enterrer  » non plus ! En effet, au fur et à mesure que la reprise se poursuit, les créations d’emplois concerneront davantage de temps plein et moins de temps partiels, permettant aux salaires de plus « réagir » à l’amélioration conjoncturelle avec en bout de chaîne, un transfert partiel dans les chiffres d’inflation.

 

graphique 1

graphique 2

graphique 3

Graphique 4

 

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