Les prêts de titres, une solution à double usage : valoriser le stock et obtenir une rémunération estimée attrayante par rapport aux rendements monétaires

13/11/2017

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Par Hamid LOUAHEB, Responsable Gestion ALM France

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[Hamid Louaheb, Responsable Gestion ALM France]
Les exigences réglementaires contraignent les banques à maintenir un certain niveau de liquidités dans leurs bilans. Celles-ci sont prêtes à rémunérer des échanges temporaires de titres liquides contre certaines composantes de leurs bilans, moins liquides et non éligibles aux dépôts à la Banque Centrale.

Dans un contexte de rendements bas et de rémunération monétaire négative, il s’agit d’une opportunité pour les acteurs institutionnels détenteurs d’actifs liquides  » dormants  » : au-delà du crédit et de la duration, la liquidité peut être utilisée comme un vecteur significatif de valeur dans le rendement des portefeuilles obligataires.

Concrètement, il s’agit de prêts de cash ou de titres obligataires liquides et au risque de signature estimé faible. En garantie du prêt, la banque dépose en collatéral des actions cotées, des titres obligataires de moins bonne qualité ou tout autre type d’actif dont l’échange améliore sa liquidité bilancielle. La maturité minimale est de 6 mois et peut aller jusqu’à 5 ans.

La rémunération de ces prêts est fonction du type d’actifs placés en collatéral, de la maturité des prêts, de l’intérêt des banques en fonction de l’état de leur bilan et de la liquidité des différents marchés à un moment donné. A titre d’indication, la rémunération d’un prêt contre collatéral en actions sur certaines périodes est actuellement de l’ordre de 35 bps (points de base) sur une maturité de 6 mois : nous ne sommes pas loin de la  moitié du rendement courant actuel sur l’OAT 10 ans…

 

A condition d’avoir une visibilité sur ses besoins de liquidités a minima sur 6 mois, cette solution d’investissement peut être également une alternative aux placements monétaires classiques : sur du cash,  la rémunération des prêts, s’additionnant à celle de l’EONIA, permettra d’atteindre un rendement monétaire supérieur et proche actuellement de zéro.

Afin de minimiser le risque de contrepartie, un  » haircut  » (autrement dit une réduction de la valeur de la dette) est appliqué au panier de collatéral : la valeur du collatéral doit être en permanence supérieure à la valeur du panier prêté pour un pourcentage prédéfini (5 à 10% pour un collatéral actions). D’autres critères de risques liés au panier de collatéral (concentration, liquidité, zone géographique, capitalisation ou taille de souche minimale…) sont préalablement prévus. Aussi, le format tripartite est le plus classique et le plus sécurisant si les titres reçus en collatéral sont déposés dans un compte ségrégué et au nom du prêteur chez un conservateur indépendant de type Euroclear. En général et aux frais de la contrepartie, le conservateur propose en plus de la conservation des titres, de la valorisation et de la gestion des appels du collatéral quotidiens, une garantie que les critères d’éligibilité et de risques imposés au panier de collatéral sont bien respectés et un reporting détaillé quotidiennement.

Comptablement, il s’agit d’un transfert temporaire de propriété. D’après le code des assurances (comme dans le cadre de Solvency II), les actifs reçus en collatéral n’entrent pas au bilan, et ceux donnés n’en sortent pas. Le coût en capital est très faible pour les assureurs, il est de l’ordre de celui d’une obligation AAA de duration inférieure à 2.

 

Les revenus des titres en prêts et en collatéral sont restitués à leurs propriétaires et le prêteur a la liberté de substituer les titres en prêts, à condition qu’ils soient de même qualité.

Ainsi, dans un cadre juridique et opérationnel sécurisé et maitrisé, ces opérations de prêts contre collatéral peuvent représenter une solution monétaire et/ou de valorisation de stock obligataire à considérer dans ce contexte de taux, monétaires et longs, bas.

Enfin, avec des différences de compétitivité quant aux rémunérations proposées par les banques, des délais et des coûts inhérents aux volets juridiques et opérationnels non négligeables, l’apport d’un Asset manager spécialisé, sur cette solution et ce marché, peut être  déterminant quant au niveau de rentabilité final.

 

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