Zone euro : un plus haut sur les indicateurs avancés ne signifie pas que l’on va retrouver un plus haut sur les chiffres de croissance

BCE

Par Christophe Morel, Chef Economiste chez Groupama AM

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[Christophe Morel, Chef Economiste]
En zone euro, les indicateurs avancés renouent avec les plus hauts historiques (cf. graphique 1). La confiance des industriels a même dépassé en octobre les plus hauts jamais observés depuis que l’indicateur existe, à savoir le milieu des années 80. En retrouvant des points hauts, ces indicateurs conjoncturels pourraient suggérer que la croissance du PIB en zone euro va également renouer avec les pics (la croissance trimestrielle du PIB s’est régulièrement établie entre 4 et 4.5% annualisé dans les précédents cycles de croissance).

Cependant, il convient de distinguer la tendance structurelle de l’économie des fluctuations cycliques de court terme (cf. graphique 2). La tendance illustre la croissance structurelle ou potentielle de l’économie, tandis que les fluctuations cycliques correspondent aux oscillations autour de cette tendance (qui peut rester inchangée, être haussière ou baissière). Par construction, les indicateurs avancés ne captent pas la tendance : en effet, bien souvent, les enquêtes conjoncturelles tentent par exemple d’évaluer les carnets de commande en delta par rapport au mois précédent, si bien que ces enquêtes ne peuvent intégrer une tendance qui serait par exemple baissière.

Notre estimation de la croissance potentielle en zone euro s’établit actuellement à +1.0% alors qu’elle était plutôt de +1.5% au milieu des années 2000 (cf. graphique 3). Nous avons régulièrement cité les « freins » à la croissance : l’hystérèse de la crise qui a pénalisé l’investissement et ce faisant la productivité, la dette qui plafonne la demande, la hausse des inégalités qui alimente les aléas politiques et bien sûr le vieillissement démographique. Cette révision à la baisse de la croissance structurelle nous conduit à « rebaser » les estimations de croissance signalées par les indicateurs conjoncturels. Au milieu des années 2000, de tels points auraient été cohérents avec des rythmes de croissance autour 3.5%- 4.0%. Aujourd’hui, ces points hauts sont plutôt cohérents avec des rythmes trimestriels de l’ordre de 3.0% – 3.5%, ce qui constitue quand même une très bonne nouvelle.

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