28 octobre 2026
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Chine : jusqu’où peut aller la résilience énergétique ?

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La Chine est fortement dépendante des approvisionnements extérieurs, en particulier du Moyen-Orient, qui fournit plus de la moitié de ses importations de brut. Une part importante de ces flux transite par le détroit d’Ormuz (cf. graphique 1). Malgré cette exposition, sa quasi-fermeture n’a pas entrainé de répercussions macroéconomiques majeures à ce stade (cf. note du 27/08/2026). Ce paradoxe s’explique notamment par une stratégie de souveraineté énergétique menée depuis plusieurs années, visant à renforcer la capacité du pays à faire face aux ruptures d’approvisionnement. Si cette politique a permis d’amortir le choc initial, une question demeure : combien de temps la Chine pourra-t-elle maintenir cette résistance si le conflit perdure ?

Source : EIA, Groupama AM
La sécurité énergétique constitue une priorité dans la stratégie de développement de long terme. L’objectif n’est pas d’atteindre l’autosuffisance, mais de réduire l’exposition du pays aux perturbations extérieures. Cette stratégie repose notamment sur quatre piliers :
Le conflit au Moyen-Orient met cette stratégie à l’épreuve. Malgré la persistance des perturbations, les importations de brut se sont redressées depuis l’été, suggérant une certaine capacité d’ajustement des approvisionnements (cf. graphique 2). Les stocks constituent un autre amortisseur, dont deux approches permettent d’évaluer le rôle et les limites :


Cette capacité d’absorption ne signifie pas que la Chine soit à l’abri des conséquences d’un conflit prolongé. La diversification des fournisseurs ne peut compenser indéfiniment les perturbations des flux du Moyen-Orient, compte tenu des contraintes de disponibilité et de transport. Une réorganisation durable des approvisionnements pourrait également entraîner une hausse des coûts d’achat et d’acheminement. Par ailleurs, le développement des énergies alternatives ne permet pas de remplacer rapidement tous les usages du pétrole.
Surtout, le recours prolongé aux stocks réduit la marge de manœuvre constituée avant le conflit. La Chine pourrait ainsi être confrontée à un arbitrage entre soutien à la croissance et sécurité énergétique. Le principal risque n’est donc pas celui d’une pénurie immédiate, mais celui d’une érosion du coussin pétrolier qui pourrait contraindre Pékin à accroître ses achats sur le marché mondial pour stabiliser ou le reconstituer. Une telle reprise de la demande chinoise constituerait alors un facteur de pression supplémentaire sur le cours du Brent.
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