Chine : l’affaiblissement du commerce extérieur s’est amplifié en décembre 2018

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En Chine, les statistiques du commerce extérieur du mois de décembre 2018 ont été décevantes. L'affaiblissement observé en novembre s'est amplifié. Les exportations, corrigées de variations saisonnières et exprimées en dollars courants, ont marqué leur deuxième baisse consécutive. De leur côté, les importations ont reculé de 26,4 % par rapport à leur record inscrit en octobre.

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Thuy Van Pham, Economiste

 

En Chine, les statistiques du commerce extérieur du mois de décembre 2018 ont été décevantes. L’affaiblissement observé en novembre s’est amplifié. Les exportations, corrigées de variations saisonnières et exprimées en dollars courants, ont marqué leur deuxième baisse consécutive. De leur côté, les importations ont reculé de 26,4 % par rapport à leur record inscrit en octobre (cf. graphique 1).

 

Chine : commerce extérieur (en milliards de dollars, mm3 désaisonnalisé)

Malgré ces contre-performances, les exportations ont augmenté de près de 10 % sur l’ensemble de l’exercice passé. Il s’agit de la plus forte croissance enregistrée depuis 2011. Les importations ont crû de près de 16 % en 2018.

Deux observations méritent d’être soulignées :

  • La trajectoire des exportations en décembre est en ligne avec notre scénario. En revanche, l’ampleur a surpris. Elle s’explique surtout par la dégradation de la demande mondiale. Le recul des ventes de produits chinois sur l’ensemble des principaux marchés (Etats-Unis, Union européenne, Japon et Asie émergente) s’est amplifié. Parallèlement, l’effet anticipation sur les exportations s’est estompé. Résilientes, les exportations à destination des Etats-Unis avaient bénéficié jusque-là de l’accélération des livraisons des entreprises en anticipation de nouveaux droits de douane plus élevés mis en place par l’administration américaine. Elles sont orientées à la baisse en décembre (cf. graphique 2).

 

Chine : exportations à destination des Etats-Unis (CVS, miliards de dollards mm3)

 

  • Enfin, les incertitudes autour du conflit commercial sino-américain persistent malgré la trêve annoncée pour une période de trois mois. Le maintien de l’excédent commercial bilatéral chinois vis-à-vis des Etats-Unis à un record historique en 2018 devrait de nouveau faire monter la pression.
  • Du côté des importations, le nouvel ralentissement reflète bien la faiblesse de la demande domestique. Celle-ci s’est certes redressée grâce aux mesures de relance mises en place depuis juillet 2018. Elle peine toutefois à retrouver son rythme de croissance observé par le passé, à l’image de la nouvelle baisse des importations de biens d’équipement après trois mois de redressement (cf. graphique 3).

Chine : importations de machines et outils électroniques (milliards de dollars, mm3, désaisonnalisées)

Au total, nous pensons que la tendance est appelée à se poursuivre et les chiffres du commerce extérieur vont s’affaiblir encore dans les mois à venir. Ceci ne remet pas en cause notre scénario pour le moment. En effet, nous avons anticipé que l’activité à l’exportation est tendanciellement dans une phase de modération en raison du ralentissement de la demande mondiale alors que les incertitudes liées à la guerre commerciale ne fait qu’accentuer le mouvement. Parallèlement, nous continuons de penser que la poursuite des efforts de désendettement pèsera sur la demande domestique. Les politiques économiques expansionnistes (réductions fiscales aux ménages et aux entreprises, plan d’aides à l’investissement en infrastructure et l’abaissement des ratios de réserves obligatoires des banques) devraient cependant limiter l’ampleur du ralentissement.

Au final, notre diagnostic reste donc inchangé. Il suppose un ralentissement graduel de la croissance à 6,2 % en 2019 puis 6 % en 2020 après 6,5 % estimé pour 2018 (le chiffre de croissance de 2018 sera confirmé le 21 janvier prochain). L’interrogation à ce scénario portera sur deux éléments :

1/ l’impact d’un éventuel ralentissement plus marqué de la demande des pays développés dans le sillage de la baisse violente des marchés financiers ;

2/ l’impact plus profond du nettoyage du shadow banking sur la demande domestique.

 

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