Annonces budgétaires : séparer le bon grain de l’ivraie

20/03/2020

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Au total, certains montants annoncés peuvent donner l'impression d'une forte hausse de la dette alors que ce sont plutôt des mesures de "liquidité".

Christophe Morel
[Christophe Morel, Chef Economiste]

Depuis plusieurs jours, les annonces de soutien des États s’accumulent. Le tableau ci-dessous résume ces annonces. En première analyse :

  • Il convient de distinguer les mesures de garanties d’État ou de reports des impôts/charges/intérêts, des mesures proprement dites de relances budgétaires et de baisses d’impôts. En effet, un report d’impôt n’est pas une baisse d’impôt ; en théorie, les mesures de report augmentent « temporairement » le déficit public et la dette et elles n’ont pas d’impact sur la demande agrégée ; les reports sont des mesures de liquidité et non des mesures de relance sauf si les reports se transforment en exonérations.  De la même manière, les garanties de prêts ne se traduisent pas par une augmentation de la dette sauf si la créance n’est jamais recouvrée.
  •  En dehors de ces mesures a priori transitoires, les soutiens budgétaires sont pour le moment modérés à l’exception des annonces aux États-Unis. Cependant, les soutiens budgétaires ont clairement vocation à augmenter notamment avec la prise en charge du chômage partiel. Par exemple, un calcul « de coin de table » montre que si l’État prend en charge les salaires de 15% des effectifs du secteur privé pendant 6 mois, cela accroît la dette de 3.5% du PIB(1).

Au total, certains montants annoncés peuvent donner l’impression d’une forte hausse de la dette alors que ce sont plutôt des mesures de « liquidité ». En revanche, les mesures de soutiens budgétaires proprement dites ont vocation à être beaucoup plus importantes que ce qui a été annoncé jusqu’à présent.

 Mesures de garantie d'Etat et de reports d'impôts/charges/intérêts (au 19 mars 2020)

(1)    Dans le cas français, le poids des salaires dans la valeur ajoutée est de 65%, et les effectifs du secteur privé sont de 18 millions contre 6 millions dans le secteur public.

 

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