Brésil : l’envolée de la dette publique entretient le risque de fuite des capitaux

05/08/2020

shutterstock_371203619©USAGE EDITORIAL UNIQUEMENT-Alf Ribeiro
Banco Central do Brasil

Au Brésil, la dynamique de la dette publique constitue un point de vigilance. Le stock de la dette du gouvernement général s'est élevé à 85,5 % du PIB en juin 2020 (cf. graphique 1). Le niveau était à 76 % en début d'année. Cette envolée de la dette s'est opérée alors que le déficit budgétaire des administrations publiques s'est nettement creusé depuis avril, à 11,4 % du PIB en juin contre 6 % du PIB en janvier dernier (cf. graphique 2).

Au Brésil, la dynamique de la dette publique constitue un point de vigilance. Le stock de la dette du gouvernement général s’est élevé à 85,5 % du PIB en juin 2020 (cf. graphique 1). Le niveau était à 76 % en début d’année. Cette envolée de la dette s’est opérée alors que le déficit budgétaire des administrations publiques s’est nettement creusé depuis avril, à 11,4 % du PIB en juin contre 6 % du PIB en janvier dernier (cf. graphique 2).

La situation est appelée à se poursuivre. Le solde primaire reste déficitaire et ne semble pas en mesure de s’améliorer dans l’immédiat alors que l’économie s’enfonce dans une crise de grande ampleur. Selon les statistiques officielles publiées par l’Instituto Brasileiro de Geografia e Estatística (IBGE), la production industrielle a chuté de près de 20 % au deuxième trimestre par rapport à la même période en 2019. Il s’agit de la contraction la plus forte enregistrée depuis la crise financière de 2009. Elle s’explique par de multiples chocs adverses survenus dans le sillage de la crise sanitaire liée à la pandémie du Covid-19. Cette dernière ne faiblit pas. A ce jour, avec plus de 2,7 millions de cas confirmés d’infection du Covid-19 et près de 94 000 décès, le Brésil est le deuxième pays le plus touché au monde derrière les Etats-Unis. Tout cela s’opère dans un climat politique tendu. Le pouvoir de Jair Bolsonaro est contesté en raison de sa mauvaise gestion de la crise du Covid-19 d’une part, et de l’enquête sur ses supposées ingérences dans la police fédérale, d’autre part. Cette dernière pourrait, si les accusations venaient à être confirmées, ouvrir la voie à une procédure de destitution.

Dans ce contexte défavorable aux recettes fiscales et aux réformes structurelles de grande ampleur, l’état des finances publiques restera dégradé. Nos projections pointent vers un déficit public qui avoisinerait 18 % du PIB fin 2020. Le ratio de dette publique sur PIB convergerait de son côté vers 100 %. Si la menace d’une crise de la dette souveraine est relativement faible dans l’immédiat, elle est susceptible d’entretenir la méfiance des investisseurs et les fuites massives de capitaux dans les mois à venir. D’ailleurs, Standard & Poor’s et Fitch ont abaissé la perspective de la note souveraine du Brésil, de « Positive » à  » Stable  » pour le premier (en avril), de « Stable » à « Négative » pour le second (début mai).

Une des conséquences de l’envolée de la dette serait la résurgence inflationniste. Si tel est le cas, la situation mettrait de nouveau sous pression la banque centrale. Celle-ci devrait ajuster le taux SELIC à des niveaux défavorables à la demande domestique dans un contexte conjoncturel déjà compliqué. Quoi qu’il en soit, nous pensons que la marge de manœuvre des autorités sera étroite en raison de la lenteur de la sortie de crise. Le recours à un programme d’achat de la dette par la banque centrale serait une solution pour atténuer les tensions sur le marché des taux et réduire la dépendance vis-à-vis du financement externe, chose que les autorités continuent de réfuter en tant qu’outil alternatif de leur politique monétaire.

Brésil : dette brute du gouvernement général (en % du PIB) et solde du gouvernement général (en % du PIB mm12)

 

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