Chine : malgré le redémarrage de l’activité en mars, le choc « coronavirus » sur la croissance est sévère au premier trimestre 2020

20/03/2020

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Dans ce contexte, notre scénario de croissance chinoise va évoluer. Nous allons réviser à la baisse nos projections en 2020.

[Thuy Van Pham, Economiste Marchés Emergents]

En Chine, la publication des résultats des deux premiers mois de l’année confirme l’impact profond de la pandémie de coronavirus sur l’économie. L’ensemble des indicateurs se sont effondrés. En particulier, la production industrielle a connu une contraction de 13,5 % sur un an (cf. graphique 1), tandis que l’activité des services a reculé de 13 %. Du côté de la demande, les ventes au détail ont chuté de 20,5 % par rapport aux deux premiers mois de 2019, les dépenses d’investissement des entreprises urbaines de 24,5 %.

Chine : production industrielle (variations sur un an, %)

Si les conséquences économiques de la pandémie ne constituent pas une surprise, le choc s’avère sévère. Il est désormais certain que l’activité se contractera au premier trimestre. Au vu des statistiques publiées, l’ampleur de la contraction du PIB sera plus forte que ce que nous avions anticipé lors du scénario de Printemps 2020. Selon nos estimations, elle pourrait ressortir à 9 % sur un an, soit -42 % sur un trimestre annualisé (cf. tableau 1 ci-dessous)

Chine : choc au T1 2020

Le choc sanitaire sur l’économie sera cependant transitoire. En effet, la situation s’est améliorée progressivement après plus d’un mois de confinement. Des avancées ont été réalisées dans la prévention et le contrôle du virus. A ce jour, le nombre de nouveaux cas infectés s’est stabilisé (cf. graphique 2). Le redémarrage de l’activité a débuté depuis la seconde partie de février. Sur la base de la consommation d’énergie, du flux de passagers, du débit de conteneurs et d’autres indices, le niveau de la production se situe à ce jour entre 80 % et 85 % par rapport à celui observé à la même période en 2019 entre 70 % et 75 % la semaine dernière. Dans 22 régions affectées par le coronavirus et qui représentent 84 % du PIB, le taux de reprise des grandes entreprises est estimé à plus de 90 % (cf. tableau 2 ci-dessous). Seule la région d’Hubei, foyer de l’épidémie, reste confinée avec un taux de reprise faible, estimée à 33 %. Si la Chine parvient à maîtriser totalement la propagation du virus d’ici fin mars, le retour à la normale s’opérera à partir d’avril comme nous l’avions anticipé.

COVID-2019 : nouveaux cas confirmé CHINE

Chine : taux de reprise des entreprises par régions infectées

La phase de rattrapage sera stimulée par les mesures de soutien des autorités. La banque centrale a annoncé une baisse de 100 points de base des ratios de réserves obligatoires pour les banques. Cette décision s’ajoute à celles annoncées en février comprenant la réduction du coût de financement des banques commerciales visant à encourager les distributions de crédit et l’abaissement des taux interbancaire de court terme (7 à 14 jours). Les efforts de relance budgétaire et fiscale seront également déployés dans les prochains jours,  » en temps opportun  » selon le gouvernement.

La relance domestique risque toutefois de buter sur des obstacles externes défavorables, de sorte que la récupération de l’activité sera lente. Outre le maintien des contraintes strictes en matière sanitaire, les restrictions de transport dans le monde entraîneront des coûts supplémentaires pour les entreprises nationales déjà fragilisées par une faible demande intérieure alors que parallèlement, la perspective d’une récession mondiale va pénaliser davantage les exportations. De leur côté, les ménages mettront du temps à restaurer leur confiance, d’autant plus que leur pouvoir d’achat est détérioré par l’accélération de l’inflation.

Dans ce contexte, notre scénario de croissance chinoise va évoluer. Nous allons réviser à la baisse nos projections en 2020 en raison de deux facteurs cités précédemment : 1/ le choc plus profond au premier trimestre ; et 2/ une récupération plus lente de l’activité compte tenu de la crise sanitaire généralisée et de la perspective d’une récession plus profonde dans les pays développés à partir du deuxième trimestre. La croissance annuelle pourrait descendre à 3 % cette année. Pour rappel, notre scénario de Printemps envisageait une croissance à 5,5 % en 2020 et à 5,8 % en 2021.

 

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