Japon : la contraction du PIB est plus sévère au deuxième trimestre 2020

19/05/2020

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Au-delà, un redémarrage de l'activité est attendu. Il sera cependant graduel de sorte que l'économie enregistrera une contraction autour de 6 % sur l'ensemble de l'exercice 2020. Il s'agira de la plus forte contraction connue depuis 2009.

Thuy Van Pham
[Thuy Van Pham, Economiste]

L’économie nippone est officiellement entrée en récession au premier trimestre 2020. Le PIB a reculé de 3,4 % sur un trimestre annualisé après -7,3 % au dernier trimestre 2019 (cf. graphique 1). Sur un an, la contraction est ressortie à 2,2 %. Elle concerne l’ensemble des composantes, en particulier l’investissement résidentiel et les exportations. Déjà touchée par la seconde hausse de la TVA mise en place en octobre, la consommation des ménages a continué de baisser alors qu’aucune mesure de confinement strict n’a été imposée au cours du trimestre.

Si la contraction de l’activité est en ligne avec notre scénario, elle peut surprendre par son ampleur alors que la menace du Covid-19 était déjà manifeste. Nous pensons qu’une révision à la baisse est probable dans les prochaines semaines, le Cabinet Office étant accoutumé à corriger souvent et fortement ses premières estimations des comptes trimestriels. Quoi qu’il en soit, les interrogations se concentrent désormais sur l’évolution de l’activité dans les trimestres à venir.

Au deuxième trimestre tout d’abord, les retombées de la crise sanitaire s’avèrent plus violentes. Selon nos estimations, le PIB pourrait chuter de près de 30 % sur un trimestre annualisé. Les premiers indicateurs du mois d’avril pointent clairement vers une vive dégradation du climat conjoncturel. Les indices PMI ont lourdement chuté, notamment l’enquête réalisée auprès des directeurs d’achat du secteur des services (cf. graphique 2). Les commandes de machines-outils ont accentué leur recul, à plus de 48 % sur un an en avril (contre -40 % en mars et -30 % en février). S’il a réussi à ce stade à limiter le bilan humain (16 305 cas infectés par le virus et 749 décès au 18 mai d’après l’OMS), l’archipel doit subir les conséquences de l’entrée en vigueur de l’état d’urgence décrété dans l’ensemble des régions depuis le 16 avril. Parallèlement, la paralysie économique dans la plupart des pays développés doit peser sur l’activité des exportateurs nationaux.

Au-delà, un redémarrage de l’activité est attendu. Il sera cependant graduel de sorte que l’économie enregistrera une contraction autour de 6 % sur l’ensemble de l’exercice 2020. Il s’agira de la plus forte contraction connue depuis 2009. Les incertitudes sont nombreuses, à la fois sur l’environnement international avec l’entrée en récession des pays développés et sur le plan domestique avec le retour de la déflation. Celles-ci entretiendront le choc de confiance des agents privés. Elles freineront in fine la reprise de la demande domestique autant que le plan de relance, bien que massif (117 trillions de yens, soit 22 % du PIB) mais très centré sur les garanties d’Etat et que les reports d’impôts/charges/intérêts, ne pourra compenser que partiellement. Conscient d’ailleurs des effets de soutien limités face aux difficultés que va rencontrer l’économie, le Premier ministre Shinzo Abe s’est déjà engagé à dévoiler d’ici la fin du mois un budget de relance additionnel pour l’année fiscale actuel débuté depuis le 1er avril.

Japon : croissance du PIB (variations sur un trimestre annualisées, %) et PMI du secteur manufacturier et des services

 

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