Les critères ESG, un outil pour appréhender les mutations de notre société

28/08/2019

#ESG

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La prise en compte des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) est devenue une nécessité pour les sociétés de gestion, par Marie-Pierre Peillon, Directrice de la recherche et de la stratégie ESG

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[Marie-Pierre Peillon]
La prise en compte des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) est devenue une nécessité pour les sociétés de gestion. Dans un monde en plein bouleversement, du fait des transitions énergétique, numérique et démographique, l’ESG constitue un outil idéal pour appréhender les grandes mutations à l’œuvre au sein des entreprises. Cette démarche doit toutefois s’accompagner d’une politique d’engagement actionnarial.

 

Le monde change de paradigme. La vision court-termiste, qui a longtemps été à l’œuvre sur les marchés financiers, peut- elle céder le pas à une vision de moyen et long terme ? Le développement croissant de la finance durable au cours de la décennie écoulée – à travers les fonds ISR (investissement socialement responsable) ou l’intégration des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) – n’est bien sûr pas étranger à ce phénomène. Cette transformation de la finance doit désormais s’inscrire dans une démarche stratégique de long terme et d’intégration généralisée. Et pour cause : le court-termisme des marchés financiers, qui a modifié en profondeur la gestion des entreprises et leur gouvernance, représente une réelle source de risques financiers. Afin de construire un nouveau modèle de moyen et long terme, l’ESG s’est alors rapidement imposé comme une boite à outils idoine pour anticiper et appréhender ces multiples risques.

 

Trois transitions à gérer

L’année 2015 a toutefois marqué un véritable tournant pour la finance durable, sous l’impulsion d’une part, de la COP 21 et de l’Accord de Paris sur le climat, et d’autre part de la publication des Objectifs de Développement Durable par les Nations Unies. Les sociétés de gestion, et les gérants en premier lieu, ne pouvaient plus passer à côté de cette lame de fond, étape supplémentaire et majeure dans le changement de paradigme sur les marchés financiers. En France, l’entrée en vigueur de l’article 173 de la loi sur la transition énergétique a encore plus accéléré le changement des mentalités, notamment chez les acteurs institutionnels qui, désormais, réclament l’utilisation des critères ESG dans la sélection de valeurs. La société civile pousse également l’ensemble des acteurs financiers à s’engager davantage et à adopter une nouvelle vision de la finance et de l’investissement. Sous l’impulsion croissante des « Millenials », les épargnants souhaiteront, de plus en plus, donner du sens à leur épargne et ainsi rechercheront une performance financière de leurs placements associée à une performance environnementale et sociétale en lien avec leurs valeurs.

Dans ce contexte, l’analyse ESG a elle aussi évolué pour ne plus être qu’un seul outil de mesure de risque mais devenir également un instrument de détection de nouvelles opportunités d’investissement. Dans un monde en plein bouleversement, la gestion doit en effet être capable d’appréhender les mutations de notre société, d’identifier les nouveaux risques mais aussi les nouvelles sources d’investissements financiers. Il s’agit d’adresser les trois grandes transitions qui modifient aujourd’hui les modèles économiques de toutes les entreprises :

  • La transition énergétique et environnementale qui nécessite de s’orienter davantage vers une économie bas-carbone, avec des enjeux en termes de gestion des impacts environnementaux de l’activité des entreprises ;
  • La transition numérique qui, avec l’arrivée du « big data » et la montée en puissance de l’intelligence artificielle, va impacter toute la chaîne de valeur des entreprises dans tous les secteurs de l’économie ;
  • Enfin, la transition démographique, enjeu crucial dans un monde confronté au vieillissement de la population, à l’urbanisation croissante et à la montée des inégalités sociales et/ou salariales au sein des entreprises. La gestion du capital humain devient encore plus une nécessité impérieuse pour toute entreprise.

 

Un politique d’engagement volontariste

Pour être en mesure de relever ces trois défis de taille, une approche généralisée et transversale à l’échelle de la société de gestion s’impose. Cette démarche doit en effet être le fruit d’une conviction forte de la Direction Générale, conviction déclinée à l’ensemble des équipes. En outre, se doter d’analystes extra-financiers est une première étape indispensable, mais non suffisante. Il est aussi impératif de combiner cette analyse extra-financière avec l’analyse financière au sein d’une seule et même équipe. Une telle démarche permet de compléter le diagnostic financier d’une entreprise, d’obtenir une vision globale et de mieux prendre en compte sa stratégie industrielle et commerciale de moyen et long terme. Cette alliance permet de réhabiliter des approches d’investissement et de gestion de moyen et long terme.

La prise en compte des critères ESG ne peut toutefois se résumer simplement à l’analyse et à la décision d’investissement. Elle doit également se matérialiser à travers une politique de vote et d’engagement auprès des entreprises. A ce titre, il nous semble judicieux d’adopter une démarche d’engagement actionnarial. L’enjeu est simple : être au plus près des entreprises pour les accompagner dans l’amélioration de leurs propres pratiques ESG. Cet engagement actionnarial doit être structuré autour d’actions individuelles, entreprise par entreprise, à travers un dialogue récurrent avec le « top management » sur ces sujets ESG. Enfin, il semble aussi nécessaire d’avoir des actions collectives dans des initiatives de place ou à travers des plateformes comme celle des Principes pour l’Investissement Responsable (PRI). Approche pluridisciplinaire, l’ESG apparaît clairement comme une nécessité pour accompagner le changement de paradigme à l’œuvre sur les marchés financiers.

 


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