Photographie de l’économie française (Partie III) : La détérioration des finances publiques n’est pas une préoccupation à ce stade

29/06/2020

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Le gouvernement français s'est montré particulièrement réactif afin de soutenir directement l'économie réelle (cf Flash " Photographie de l'économie française (partie II) : l'importance du soutien budgétaire "). Les mesures prises auront donc des conséquences significatives sur le déficit et la dette publique française. Le 10 juin, le gouvernement a présenté une nouvelle loi de finances rectificative pour 2020, prévoyant un déficit de l'ordre de 11.4% du PIB, qui devrait amener la dette publique à quasi 125% du PIB versus un peu en-deçà de 100% avant la crise.

La question sous-jacente à cette détérioration  » brutale  » des finances publiques est la soutenabilité de la dette française : la soutenabilité de la dette française suppose que les taux apparents (i.e coût de la dette) restent en dessous de la croissance nominale.

  • En étant structurellement en déficit primaire, la soutenabilité de la dette française est conditionnée à des taux apparents qui se maintiennent en-dessous de la croissance nominale (cf graphique 2).
  •  Tant que les taux d’intérêt sont inférieurs à la croissance nominale, l’État peut se contenter de refinancer sa dette : il émet de nouvelles obligations, verse les intérêts ce qui pèse sur la dette; mais comme la croissance augmente plus vite, l’État peut se désendetter sans avoir à augmenter les impôts.
  • Il y a cependant une limite : par exemple, si l’écart entre les taux apparents et la croissance nominale se stabilise à -1,5% (l’écart actuel, cf graphique 3), l’État français se désendette. Si le déficit primaire s’établit en-dessous de 1.5%, l’endettement augmente.

 

La chronique sur la dette française est la suivante :

  • 2020 : la dette publique rapportée au PIB passe de 100% à 125% en raison du choc récessif.
  • 2021 : en dépit d’un déficit primaire toujours important, le ratio d’endettement diminue à 120% grâce à la croissance nominale.
  • A partir de 2022 : grâce à la politique d’achats d’actifs de la BCE qui maintient les taux d’intérêt très bas, à une croissance nominale soutenue par les plans budgétaires et à des déficits primaires qui se sont  » normalisés « , le ratio de dette publique rapportée au PIB devrait diminuer.

 

Quid des Agences de notation : elles devraient rester pragmatiques (cf. tableau)

  • Fitch a révisé le 15 mai la perspective de la France  » de stable à négative  » reflétant la détérioration substantielle des finances publiques et de l’activité économique attendue cette année en raison de la pandémie COVID-19.
  • Mais comme pour tous les autres pays, les agences vont donner du temps aux États : les risques de dégradation sont donc repoussés malgré la détérioration des finances publiques, le Covid -19 étant analysé comme un choc exogène.

 

France : solde budgétaire primaire (en % du PIB)

France : taux apparent de la dette publique (taux "moyen" du service de la dette)

France : écart entre les taux apparents de la dette et la croissance nominale (croissance et inflation)

Agence / Notation / Perspective

 

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