13 May 2026

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Point sur l'économie américaine

Morel
Christophe MOREL

La publication des dernières statistiques aux États-Unis (productivité, emploi, inflation, …) nous donne l’opportunité de faire un point d’étape sur la conjoncture américaine, en soulignant les principales forces et faiblesses.


1. Une consommation toujours résiliente grâce à l’emploi et à l’effet-richesse
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La consommation des ménages continue d’être un soutien significatif à la croissance comme en témoigne l’accélération en mai des ventes au détail hebdomadaires (graphique 1). Cette résilience de la consommation est cohérente avec le rebond des actions qui entretient l’effet-richesse (graphique 2) et un marché de l’emploi toujours solide. Les créations d’emploi ont ainsi atteint 50 000 postes en moyenne sur les trois derniers mois, un rythme proche de notre estimation du seuil nécessaire pour absorber la hausse de la population active tout en stabilisant le taux de chômage. A noter que dans ces statistiques d’emploi, la population d’origine étrangère repart à la hausse, ce qui pourrait refléter un assouplissement de la politique migratoire de l’administration Trump (graphique 3). Cette évolution contribue à limiter les tensions sur le marché du travail et ce faisant, les pressions salariales.

Etats-Unis : ventes au détail
Etats-Unis : consommation et marché d'actions
Etats-Unis : population d'origine étrangère en âge de travailler (en millions)

Source : Bloomberg – Calculs : Groupama AM
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2. Une inflation qui rebondit sous l’effet de facteurs temporaires
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En seulement deux mois, l’inflation américaine est passée de 2,4% à 3,8% en glissement annuel, avec une contribution de l’énergie de 1.1%. Au-delà de l’impact liée à la hausse du prix du pétrole, la désinflation de la composante sous-jacente hors énergie et alimentaire marque une pause pour trois principales raisons (graphique 4). Premièrement et sans surprise, la composante « loyers » a contribué de manière anormalement forte à l’inflation d’avril en raison d’un effet statistique ponctuel. Deuxièmement, les hausses de droits de douane continuent de se diffuser dans certains segments de biens manufacturés (meubles, équipements audio et vidéo, joaillerie ou encore appareils électroménagers). Troisièmement, le développement de l’IA exerce des tensions sur certaines chaînes de valeur technologiques, en particulier les composants de mémoire informatique, contribuant ainsi à la hausse du prix des ordinateurs et équipements électroniques (graphique 5). Pour autant, nous continuons de penser que le processus désinflationniste devrait reprendre progressivement dans les prochains mois, grâce à une modération de la contribution des loyers et à l’atténuation progressive des effets liés aux droits de douane.
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Etats-Unis : ventes au détail
Prix de la mémoire informatique (en USD)

Source : Bloomberg – Calculs : Groupama AM
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3. Une productivité toujours en hausse, sans excès dans les attentes
La productivité horaire du travail conserve une tendance haussière, avec une hausse de près de 3% sur un an au premier trimestre 2026. En comparant les chiffres de productivité avec les attentes du Consensus, il apparaît trois faits saillants (graphique 6) : i) les attentes à 10 ans du Consensus restent modestes à 1.8% ; ii) la hausse de la productivité n’a rien d’excessif à ce stade ; iii) la réalité dépasse toujours les attentes. Notre analyse fondamentale de l’impact disruptif de l’IA suggère que cette tendance haussière devrait se prolonger.
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Etats-Unis : productivité du travail

Source : Bloomberg – Calculs : Groupama AM
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4. Les conditions financières demeurent le principal point de fragilité
Le principal « maillon faible » de l’économie américaine reste sa forte sensibilité aux conditions financières. La hausse passée des taux d’intérêt continue de produire des effets restrictifs avec une augmentation des taux de défaillances sur l’ensemble des segments du crédit aux ménages. Les tensions sont particulièrement visibles sur les cartes de crédit et les prêts automobiles où les taux de défaut sont sur des plus hauts (graphique 7).​​​​​​​

 défaillance (à plus de 90 jours) sur les crédits aux ménages



En conclusion, nous pensons toujours que l’économie américaine reste capable d’absorber le choc lié à la hausse du prix du pétrole. En revanche, elle est toujours aussi vulnérable à un durcissement des conditions financières, singulièrement à une remontée des taux longs et à une correction marquée des actions. Ni l’économie, ni les marchés boursiers ne sont en mesure de tolérer une hausse des taux longs. C’est pourquoi, nous continuons de penser qu’il y a un « plafond » à la hausse des taux. Dans le cas où les taux longs continueraient de monter, cela conduirait probablement à une correction sur les actifs risqués qui « forcerait » par un effet de second tour, l’assouplissement sur les taux d’intérêt.


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