Comme largement anticipé, le Conseil des gouverneurs a décidé de relever les taux directeurs de 25pdb, laissant le taux de dépôt, le taux de refinancement et le taux de facilité, à respectivement 2.50%, 2.65% et 2.90%. Cette hausse des taux a été motivée par des projections d’inflation restant au-dessus de la cible de 2% pendant une période prolongée (cf tableau). Au-delà de septembre, la volatilité des prix de l’énergie et l’incertitude des perspectives d’inflation suggèrent que toutes les options restent sur la table. La BCE maintient son approche réunion par réunion et ne s’engage pas à l’avance sur une trajectoire de taux particulière. En d’autres termes, il semble bien qu’à court terme, la fonction de réaction de la BCE soit fortement liée aux prix énergétiques (pétrole et gaz), illustrée par les anticipations de marché à 1 an (cf graphique).
Ce que l’on retient :
- L’économie reste « étonnamment » résiliente : en dépit de la hausse des prix de l’énergie, la croissance a été solide et meilleure que prévu au T2-2026 et cette résilience se poursuivrait au T3-2026. Les perspectives de croissance pour 2026 et 2027 ont d’ailleurs été révisées en hausse (cf tableau).
- L’inflation demeure la préoccupation centrale : dès l’introduction de son discours, C. Lagarde indique que la prolongation du conflit au Moyen-Orient génère des tensions persistantes sur l’inflation et admet que l’inflation devrait rester au-dessus de la cible plus longtemps que prévu. La BCE rappelle à plusieurs reprises le rôle et l’engagement du Conseil des gouverneurs à mener une politique monétaire assurant la stabilité des prix.
- La mise à jour des projections (révision à la hausse de l’inflation et de la croissance) signale que la BCE reste avec un biais haussier même si C. Lagarde a clairement précisé que le Conseil n’avait pas débattu de hausses futures (« ce n’était pas le sujet »). La BCE insiste sur son approche « dépendante des données » car elle garantit que « la BCE prenne la bonne décision au bon moment », selon les explications de Ch. Lagarde.
La vigueur de l’économie a permis à la BCE de relever les taux de façon préventive afin d’éviter l’apparition d’effets de second tour. Au-delà de la hausse d’aujourd’hui, les anticipations de marché affichent désormais quasi 70pdb de hausse à horizon 10-12 mois. Nous ne partageons pas cette idée de cycle monétaire restrictif. Cela dit, l’augmentation des prévisions d’inflation et la décision unanime de relever les taux qui sonnait comme une évidence, suggèrent que la BCE pourrait à nouveau relever les taux d’intérêt d’ici la fin de l’année. Nous optons pour une nouvelle hausse de 25pdb en décembre à 2.75% (taux terminal) lors de la prochaine mise à jour des projections de croissance et d’inflation.

